Docteur Adam Vardi
Dr Adam Vardi chirurgie urologique
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Faut-il dépister le cancer de la prostate ?

Le PSA est une enzyme fabriquée par la prostate et dont le dosage permet de dépister les cancers de prostate au stade infra-clinique, c'est à dire avant qu'ils ne donnent des symptômes. Avant la découverte de cette molécule, dans les années 1980, le diagnostic de cancer de prostate reposait sur le toucher rectal ou était posé devant l'existence de métastases, à un stade avancé.

Depuis 1999, la Haute Autorité de Santé (HAS) recommande de ne pas réaliser un dépistage systématique du cancer de la prostate par dosage du PSA. Elle a confirmé cet avis en 2010 et 2016 en se basant sur 2 études de grande ampleur, réalisées en Europe et aux Etats-Unis. L'HAS craint, effectivement, qu'un dépistage systématique du cancer de la prostate entraine le diagnostic de tumeurs peu évolutive (surdiagnostic) et le traitement de ces tumeurs sans que cela n'améliore l'espérance de vie des patients (surtraitement).

L'Association Française d'Urologie, à l'instar des autres sociétés savantes urologiques mondiales s'opposent à cet avis. Pourquoi ?

D'une part, la qualité scientifique de ces études, en particulier de l'étude américaine, est critiquable. D'autre part, la question n'est pas de savoir s'il faut réaliser un dépistage de tous les hommes mais de pouvoir offrir la possibilité à chaque homme de savoir s'il est atteint ou pas par cette maladie, au moyen d'un test aussi simple, peu onéreux et peu invasif qu'une prise de sang.

La découverte d'un PSA anormal et le diagnostic précoce d'un cancer de prostate ne devrait plus conduire, aujourd'hui, à un surtraitement. Des alternatives à la chirurgie existent. Et un traitement n'est parfois même pas nécessaire. Une simple surveillance peut être menée sans faire courir de risque au patient que l'on sait atteint d'un cancer.

En revanche, sans PSA, il est très difficile de faire le diagnostic du cancer à un stade précoce et donc de pouvoir proposer un traitement efficace. On voit, à nouveau, comme avant l'ère du dépistage par PSA, des patients jeunes, de moins de 65 ans, atteints de tumeurs généralisées, car non diagnostiquées à temps.

Les Urologues traitent des patients, qu'ils rencontrent chaque jour dans leurs cabinets, pas des statistiques. La vrai question que chaque homme doit se poser n'est pas "est-ce que le dépistage du cancer de la prostate améliore l'espérance de vie moyenne des français ?" mais "ai-je envie de savoir si je suis atteint du premier cancer masculin par ordre de fréquence ou est-ce que je préfère fermer les yeux ?".

De notre avis, chaque homme a le droit de savoir et d'être informé.


Adam Vardi